23.07.08
C’est dans cet esprit que l’équipe d’Amorce Europe 2 a rassemblé, le 3 juillet dernier à Maisons-Alfort, 23 responsables d’entreprises franciliennes ayant déposé un projet européen. Cette rencontre, rythmée par les interventions de quatre entreprises ayant eu des destins européens différents : Xooloo, Exalead, Aldebaran robotics, Dosisoft, a donné lieu à de nombreux échanges avec la salle.
« La valeur de l’entreprise n’est pas son capital social mais son réseau…européen !! » témoigne Hanna Kafrouni, PDG de Dosisoft , qui participe à Maestro, projet porté par le CEA, dans le cadre du 6° programme cadre de recherche et développement (PCRDT). 24 partenaires (universités, laboratoires…) de 12 pays, un budget de 10 millions d’euros (dont 800 000€ sur sa partie), voilà qui a permis à l’entreprise de 25 personnes, spécialisée dans le traitement du cancer par radiothérapie, de gagner en confiance, en exigence aussi vis-à-vis de ses partenaires et de se lancer dans plusieurs autres projets collaboratifs (communautaire, avec l’Inserm, ANR et FUI).
En effet, au-delà de certaines lourdeurs et contraintes administratives soulignées par tous les participants, ce qui revient sans cesse dans le débat animé par Nicolas Bonnet, PDG de HLP développement et consultant pour Amorce Europe 2, c’est la plus grande crédibilité des PME impliquées dans les projets collaboratifs. Gain également en termes de visibilité à l’échelle de l’Europe, d’efficacité dans le travail commun, de capacité à formaliser et à anticiper. Et, à l’arrivée, l’ouverture de marchés potentiels !!
Bruno Maisonnier, PDG d'Aldebaran Robotics , spécialiste de la robotique humanoïde, met l'accent sur le fait que le montage des projets collaboratifs est une expérience passionnante et intense mais que le taux de succès est très faible. Il souligne que sans une mobilisation importante des ressources internes et sans l'accompagnement d'un conseil extérieur, rendus possible par le dispositif Amorce, la charge de travail préparatoire pour le montage de ces projets est bien « colossale » pour une PME seule !
Xooloo , spécialisée dans la protection des enfants sur Internet, a déposé, en 2007, un projet dans le cadre du programme « Internet Safer Plan ». Bien que celui-ci ait été refusé, Gregory Veret, son PDG, tire bénéfice de cette expérience : « le montage du consortium a donné à nos produits une valeur à l’étranger et nous a permis de trouver des partenaires jusqu’alors hors de portée. Depuis ces rencontres, nous éditons nos produits en version bilingue (anglais – français). Nous allons rapidement re-soumettre un projet… »
Eric-Julien Verheecke d‘ Ecclor , entreprise spécialisée dans la sécurité alimentaire, exprime sa déconvenue. : « Même lorsqu’un projet est bien noté en phase ultime d’évaluation, la Commission européenne peut ne pas le financer ». Nicolas Bonnet corrobore ces propos en soulignant la logique « concours » des projets PCRDT. Beaucoup sont reçus (notés au-dessus du seuil d’éviction) mais non financés et mis en liste d’attente faute de budget disponible.
L’éditeur de logiciels Exalead , créé en 2000, participe à des projets européens depuis 2005. Fin 2007, l’entreprise a décidé de répondre à l’appel à projets Eurostars mais cette fois-ci en tant que leader, libre du choix de son projet et de ses partenaires. Elle vient d’apprendre qu’elle est lauréate ! D’après Jean-Marc Lazard, son responsable de projets stratégiques « EUROSTARS est à ce jour un des programmes de financement les plus enclins à favoriser l’innovation industrielle en Europe. Simplicité des démarches administratives et critères d’évaluation centrés sur la rapidité de mise sur le marché démontrent qu’EUROSTARS a réellement été conçu pour les PME les plus innovantes et capables de créer les synergies nécessaires à la conquête d’un leadership européen ou mondial.».
Helios Biosciences , quant à elle, s’est lancée dans les projets européens en 2003, un an après sa création. Elle se voit refuser un projet scientifique en 2005, basé sur une stratégie propre, car sa structure est encore trop peu développée. Monté avec un consultant, un projet est accepté dans le domaine de la biologie en 2006 et va bientôt trouver ses débouchés commerciaux. Depuis lors, Jean-Baptiste Dumas, PDG d’Helios Biosciences est souvent sollicité pour participer à des projets collaboratifs dont un Eurotransbio qui vient d’être accepté.
Olivier Emery directeur de la société Trimaran a commencé à monter des projets européens avec un partenaire néerlandais dès 2004. Leur proposition est refusée dans le cadre du 6°PCRDT mais le projet EUREKA monté dans la foulée, avec l’aide efficace d’OSEO, est labellisé sans financement public côté néerlandais. Néanmoins, le partenariat se poursuit, un changement de composition du capital de la société néerlandaise lui permet d’auto financer sa participation, le côté français étant financé par OSEO et ANR. Un projet EUROSTARS associant les mêmes partenaires, mais visant de nouveaux challenges technologiques et de nouvelles cibles de clientèle est classé neuvième sur 200 : on ne change pas une équipe qui gagne !!