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Accueil > A la une > Dossiers > Développement durable PME Innovation Financement > Un atout concurrentiel, une source de plus value

Développement durable PME Innovation Financement
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Mardi 06 novembre 2007

Le développement durable comme moteur des innovations de demain et atout concurrentiel pour les entreprises.

L’investissement socialement responsable et l’engagement d’une démarche de développement durable rendent-ils les entreprises plus compétitives ? A en croire Olivier Hua, d’ Oddo Asset management qui a lancé en une année deux FCPI (Fonds commun de placement dans l’innovation ; cf. label OSEO innovation) spécialisés dans l’éco-innovation, les choses ne sont pas si simples. « On ne peut pas dire que les performances financières des entreprises qui investissent dans l’ISR soient meilleures que les autres. En revanche, on constate qu’elles ne sont pas moins bonnes non plus, cela signifie que ce type de démarche ne coûte pas à l’entreprise » expliquait-il lors des Entretiens de Margaux organisés en septembre 2007 par OSEO et le Conseil Régional d’Aquitaine en Gironde. Le capital-risqueur estime même qu’il y a un foisonnement de la demande des PME dans tous les secteurs d’activité. Après le lancement de son premier fonds fin 2006 plus de 600 entreprises ont été identifiées en quelques mois et 6 à 7 dossiers ont été ou sont en cours de finalisation. Le second fonds lancé récemment poursuit les mêmes objectifs.

Une source de plus value

A l’ Ademe, on estime toutefois que la prise en compte de l’environnement peut être une source de plus value. L’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie a lancé en 2005 un appel à projets concernant les déchets d’entreprises intitulé « Objectif – 10% ». Au mois de juin dernier, l’agence remettait des trophées aux PME ayant présenté les meilleures réalisations. Parmi les lauréates, la société Cilam basée à la Réunion qui fabrique des produits laitiers et des jus de fruit. Le plan qu’elle a mis en œuvre avec la participation active de ses 215 salariés a permis de réduire la quantité de déchets produits de plus de 20,7%, tout en augmentant le volume de déchets valorisés de 174%. L’entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de 65,5 millions d’euros supportait un coût pour la collecte de ses déchets de 200 000 euros par an. Il a été ramené à 160 000 euros. Autre exemple avec la PME bourguignonne Aisan Bitron Europe spécialisée dans la conception et la réalisation de systèmes d’alimentation en carburant pour automobile qui a réduit ses déchets de près de 40%, « Nos recettes issues de la valorisation ont progressé de 48% et nos dépenses pour le traitement des déchets ont diminué de 6% » commente son président.

La responsabilité sociale et environnementale : au coeur de l'activité

La prise en compte de la responsabilité sociale et environnementale (RSE) par les entreprises ne date pas d’hier. Elisabeth Laville du cabinet de conseil Utopies spécialisé dans la promotion du développement durable estime qu’elle s’est développée en trois temps qu’elle décrit en empruntant à la terminologie du web.

Dans les années 80 il y a eu le temps de la RSE 0.0, durant lequel les entreprises ont pris conscience qu’elles ne pouvaient prospérer dans des environnements humains, sociaux ou naturels qui dépérissent. Certaines se sont lancé dans des démarches de type mécénat, consacrant une partie de leurs bénéfices à la lutte contre l’exclusion, à la préservation de la biodiversité...

La consultante situe le temps de la RSE 1.0 dans les années 90 au cours desquelles on assiste à la prise de conscience qu’on ne peut pas d’un côté faire du mécénat et de l’autre, continuer à générer les mêmes nuisances. Cela se traduit par des politiques internes de réduction des consommations d’eau, d’énergie, de consommables, etc. « Dans cette phase, la RSE commence à avoir un impact concurrentiel car on fait des économies », remarque-t-elle, tout en soulignant que les entreprises perçoivent déjà à cette époque « l’intérêt qu’elles peuvent en retirer en termes de réputation auprès de leurs clients, mais aussi auprès des investisseurs et des salariés potentiels. »

Aujourd’hui, « nous sommes en train de rentrer au niveau international dans la phase 2.0 » qui est celle de l’éco-conception. Les entreprises ne s’y engagent pas par hasard. Alors que jusqu’ici leur prise en compte de l’environnement était essentiellement dictée par les réglementations, elle est aussi motivée aujourd’hui par la recherche de résultats. Le rapport de l’économiste britannique Nicolas Stern paru en octobre 2006 évalue à 5 500 milliards d’euros le coût mondial du changement climatique. Même si ce chiffre est aujourd’hui discuté, il n’en demeure pas moins que l’impact économique de la prise en compte du développement durable sera considérable. Autre motivation, la perspective d’une hausse significative des ventes des biens et services produits. « Plusieurs études montrent que près d‘un quart de la population prendrait en considération dans ses actes d’achat la question du développement durable » souligne Elisabeth Laville. La pression vient aussi des donneurs d’ordre. Qu’il s’agisse des appels d’offres publics ou de ceux émanant des grands comptes, les clauses liées à la à la RSE sont non seulement monnaie courantes, mais elles obéissent aussi à des réglementations. Enfin, autre moteur, les personnels eux-mêmes, dirigeants et salariés. « On voit se développer aujourd’hui une démarche proactive dans les entreprises qui consiste à se saisir de ces enjeux et de les installer au cœur de l’activité, constate Florence Fouquier du cabinet Vigéo spécialiste de la notation extra-financière et de l'audit en responsabilité sociale. Les conditions de la réussite sont à la fois un portage significatif des dirigeants, la mise en place de dispositifs de déploiement des engagements dans toute l’entreprise et, d’outils de suivi de ces engagements ».

L’engagement des entrepreneurs reste bien entendu soumis à la pertinence de la RSE dans leur développement. « Combien ça va coûter ? Qu’est ce que ça va rapporter ?, ce sont généralement les deux questions que se posent les entrepreneurs qui arrivent devant nous » confie Florence Fouquier. Elle reste cependant persuadée que « dès lors qu’une entreprise est capable dans son management de prendre en compte ces considérations, elle se créée des opportunités. Quand elle ne peut pas le faire, un accident écologique, une controverse majeure, une difficulté avec un produit qui n’est pas conforme, etc. crée un facteur de risque pour l’entreprise qui se traduit par de la perte de valeur, des ennuis en termes de réputation et de marché ».

L'ère de la "green tech", de l'éco-conception

Ce qui caractérise aussi l’ère de la RSE 2.0 chère à Elisabeth Laville c’est l’entrée en force des PME dans une démarche d’éco-innovation alors que dans les précédentes périodes qu’elle décrit, c’était avant tout les grands comptes qui investissaient.

L’exemple vient sans doute des Etats Unis. La Silicon Valley, hier synonyme de high tech, est entrée dans l’ère de la « clean tech » ou de la « green tech ». Ce qui y porte l’innovation depuis près de trois ans, c’est l’éco-conception, et les business angels sont ceux qui hier ont fait fortune dans les nouvelles technologies. Dire qu’aujourd’hui le développement durable est un des moteurs de l’innovation, c’est pas un vain mot. C’est aussi ce que confirme OSEO à sa manière qui, dans le cadre de son programme d’actions « Innovation cap 2007 » a ouvert les critères d’éligibilité de ses aides à l’innovation aux investissements des PME liés à la RSE et ce, dans tous les secteurs de l’activité économique.

Chez OSEO on mesure aussi cette évolution. Le bilan 2006 des aides à l’innovation fait apparaître deux tendances majeures : la première est que la thématique du développement durable croise tous les secteurs d’activité, la seconde est que le volume des aides tout comme le nombre de projets soutenus sont à la hausse. Par exemple dans le secteur de l’énergie, le montant des aides a progressé en 2006 de 10% avec 16,4 M€, et celui du nombre de projets aidés (203) de 85%. Le secteur environnement qui englobe essentiellement les domaines de l’eau, des effluents liquides et des déchets solides, a augmenté de 11% pour ce qui est du nombre de projets (185), bien que le montant alloué (11,5M€) soit resté stable.

Propos recueillis par Pierre Magnetto (Naja : Le Journal de l'innovation, le Journal du Développement durable) pour oseo.fr

CONTACTS OSEO

Au siège Direction de l'innovation Financement des projets de R&D (éco-conception) Marc Dufau (Energie, Environnement, Transport) Direction du Programme ISI (innovation stratégique industrielle) Evelyne Gaillard (Energie, Environnement, Transports) Direction du cofinancement Jean-Luc Daniel (Equipement - Energie-Environnement)(prêts à moyen ou long terme, pour les investissements en équipement energie-environnement, en partenariat avec les banques qui peuvent aussi bénéficier de la garantie d'OSEO)

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