Jeudi 19 juillet 2007
OSEO soutient un nombre croissance de projets d'innovation dans le secteur des industries agro-alimentaires. Les tendances se trouvent dans la meilleure prise en compte des besoins nutritionnels et de santé. Interview de Corinne Perret, directrice adjointe du Réseau OSEO Grand-Est.
L’époque est à une meilleure gestion de la nutrition. Ces dernières années plusieurs crises ont mis en jeu la crédibilité des industries agroalimentaires à propos de la sécuritaire sanitaire des aliments. Par ailleurs, le lien entre nutrition et santé est de plus en plus souvent mis en exergue et parfois les industriels sont montrés du doigt comme dans le cas de la survenance de plus en plus fréquente de l’obésité. Les pouvoirs publics se sont impliqués sur ces problématiques en lançant le Programme national nutrition santé. Dans ce contexte, la compétitivité des entreprises passe par l’innovation. C’est elle qui leur permettra de répondre aux deux enjeux majeurs auxquels elles sont confrontées : enjeux de santé, on vient de le voir, et enjeux économiques dans un environnement international de plus en plus concurrentiel.
Actuellement, les entreprises du secteur consacrent seulement 1% de leur chiffre d’affaires à la recherche et au développement. Pour comparaison, dans le secteur des télécommunications les investissements en R&D mobilisent 10% du CA des industriels, dans la pharmacie 9%. L’effort à faire par la filière agroalimentaire est donc assez considérable. Il est intéressant de constater d’une part que les fournisseurs d’équipements, d’ingrédients et d’emballages sont à l’origine d’une grande partie des innovations du secteur et d’autre part, que 90 % des aides d’ OSEO innovation vont dans des entreprises de moins de 50 personnes.
En 2006, OSEO a financé 250 projets d’innovation dans l’industrie agroalimentaire pour 26,6 millions d’euros d’aides à l’innovation, soit 38% de plus qu’en 2005. Cela représente aussi 9 % du montant total des aides à l’innovation d’OSEO tous secteurs d’activité confondus. Le secteur des céréales en est le premier bénéficiaire avec un montant d’aide 3,5 millions €. En termes quantitatifs c’est le domaine de la nutrition-santé qui a été le plus soutenu l’an dernier avec 16 projets aidés. Viennent ensuite les secteurs des boissons (13 projets), de la panification (12 projets), des produits alimentaires intermédiaires (11 projets). Dans la filière agroalimentaire, une grande part de l’aide à l’innovation est versée à des projets labellisés par les pôles de compétitivité. C’est ainsi que sur le total des sommes attribuées à la filière, 16,8 millions d’euros l’ont été sur 15 pôles, ce qui représente aussi 20 % de l’engagement total d’OSEO en faveur des pôles. Je note également qu’un projet sur 2 financé par OSEO, fait appel à des collaborations scientifiques.
Elles vont à trois grands types de technologies. Le premier concerne les technologies liées à la sécurité alimentaire et à la santé. La nutrition et la santé sont au cœur des préoccupations des consommateurs et la principale source d’innovation des IAA. Le second concerne les technologies au service d’une agriculture compétitive et durable : intégration des technologies de l’information et de la communication, des biotechnologies, de la détection de phytopathogènes, du diagnostic rapide des maladies des plantes ou encore de la traçabilité et de la maîtrise des risques.
Enfin, il y a les technologies liées à la valorisation non alimentaire des ressources agricoles. Cette dernière offre de nouveaux débouchés à l’agriculture et ouvre de nombreuses perspectives technologiques dans divers domaines : pharmacie, matériaux, énergie...