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Gout nutrition sante
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Jeudi 19 juillet 2007

Les micronutriments sont devenus l’une des clefs de l’alimentation « santé » de demain. De nombreuses études ont montré qu’une nourriture riche en micronutriments contribue à diminuer les risques de cancers, maladies cardio-vasculaires (infarctus, accident vasculaire cérébral), maladies inflammatoires, métaboliques (obésité, diabète, dyslipémie) et dégénératives (ostéoporose, Alzheimer…).

Confrontés à une demande croissante des consommateurs en matière de compléments alimentaires, les industriels cherchent des réponses pertinentes. En amont, ce sont les chercheurs qui étudient l’impact des micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments, acides gras essentiels, acides aminés…) sur la santé. Ils les répertorient, déterminent leurs propriétés et définissent leurs applications possibles.

« On a établi certains rôles des micronutriments pour lutter contre le développement de l’obésité, des maladies cardiovasculaires, du diabète de type 2 et certains cancers, en interaction avec des facteurs génétiques », confirme Marie-Jo Amiot Carlin, de l’Unité de Nutrition Humaine et Lipides Inserm/INRA à Marseille. « Notre unité de recherche est spécialisée dans l’étude des lipides et de certains micronutriments comme les caroténoïdes et les vitamines E. Nous voulons apporter de nouvelles connaissances sur l’assimilation des nutriments, leurs effets sur le métabolisme et leurs influences sur l’état de santé ». L’objectif est d’optimiser les recommandations nutritionnelles et « de conforter le rôle de la nutrition dans la politique de santé publique ». Un travail que les industriels peuvent ensuite utiliser pour développer leurs produits.

À Dijon, Michel Narce, Professeur de physiologie au sein de l’UMR INSERM « Lipides, nutrition, cancer », travaille plus particulièrement sur les acides gras polyinsaturés, comme les oméga 6 et les oméga 3. « Nous essayons de comprendre comment ils agissent sur le diabète de type 2, l’hypertension artérielle et le vieillissement cérébral ». Ses travaux vont permettre la mise en place d’une stratégie de prévention nutritionnelle liée aux compléments alimentaires. Comme ils ne peuvent pas être synthétisés par l'organisme humain, les acides gras polyinsaturés doivent être, en effet, impérativement fournis par l'alimentation.

Si les travaux de recherche débouchent sur des produits industriels, reste à valider leur efficacité par une reconnaissance scientifique, indispensable pour une crédibilité auprès des consommateurs. Créé en 1975, le Laboratoire Spiral, considéré comme un pionnier du transfert de technologies, propose aujourd’hui des solutions innovantes pour la biologie clinique, la pharmacie, la cosmétique et l’agroalimentaire. Il a mis au point, en particulier, le test KRL. « C’est un procédé biologique unique, qui analyse la résistance de l’organisme aux radicaux libres, à l’origine de nombreuses pathologies, cancéreuses, cardio-vasculaires ou dégénératives », explique Michel Prost, PDG du groupe Spiral et expert dans le domaine des anti- oxydants. « Le test KRL, appliqué à des produits alimentaires, pharmaceutiques ou cosmétiques, permet d’en mesurer les incidences. Aujourd’hui, les industriels ont besoin de valider scientifiquement l’apport de leurs produits. C’est pour eux un élément de marketing ».

Les laboratoires d’analyse sont désormais en relations étroites avec les industriels de l’agroalimentaire

« Nous identifions et quantifions, par exemple, les micronutriments des produits qu’ils souhaitent commercialiser », commente un responsable du laboratoire Filab (basé à Chenôve, près de Dijon) qui a reçu le soutien d’Oséo pour le développement d’analyses à forte valeur ajoutée pour les industriels.

« Les progrès de la recherche en matière de nutrition, la prise de conscience des liens entre alimentation et capital santé, font naître un besoin de médecine complémentaire plus orientée vers la prévention et le maintien du capital santé », commente Marc Noblet, responsable R&D chez Merck Médication Familiale, laboratoire pharmaceutique basé à Dijon et fabricant de compléments Nutritionnels. Son travail consiste à optimiser les produits développés en allongeant leur durée de vie (jusqu’à trois ans), tout en permettant de les stocker à température ambiante. « On utilise, par exemple des comprimés tricouche qui isolent et protègent la couche la plus sensible comme les probiotiques. On a également mis en place des procédés de fabrication les plus doux possibles », explique Marc Noblet. Le laboratoire réalise ensuite des études pour confirmer l’efficacité des produits et s’assurer de leur qualité.

Sebastiano Banni, docteur en biologie expérimentale, a fait le pont entre la recherche et l’industrie en devenant également gérant de la PME italienne Nutrisearch. Il s’intéresse particulièrement à l'Acide Linoléique Conjugué (ALC) que l’on trouve dans la viande et le lait des ruminants. Ce micronutriment contribuerait à réduire la graisse corporelle chez l'homme, mais pourrait également être bénéfique pour le cœur et aurait des effets anti-cancéreux. Un produit qui aurait, selon le professeur italien, un énorme potentiel dans l’agroalimentaire.

Même les grands groupes de l’industrie agroalimentaire n’échappent pas à la tendance « santé » et à l’apport des micronutriments. « Nous reformulons certains de nos produits pour éliminer les matières grasses trans qui ne sont pas d’origine laitière et faire baisser le pourcentage de sucre », confie Fabiana Philippe, chargé de recherche chez Nestlé. « Parallèlement nous travaillons sur de nouveaux produits, comme les glaces ou les yaourts, avec ajouts de vitamines, de fer, d’oméga 3 ou encore de sels minéraux ».