Jeudi 26 février 2009
Projet global ou projet esthétique ? La définition du design oscille entre ces deux approches depuis la Renaissance. Le débat n’est pas clos, mais dans le monde de l’entreprise, c’est la première approche qui est porteuse d’innovation.
« Des objets beaux à craquer ». Cette définition assez usuelle du design n’est pas anodine. La notion de design fait l’objet, depuis plusieurs siècles, d’un débat sans cesse renouvelé mais dont les fondements étaient déjà jetés à la Renaissance.
Le concept de « disegno » signifiait à la fois le projet et le dessin. « Il n’y a pas de définition unique du design, elle a évolué au cours du temps et des cultures » insiste aujourd’hui Isabelle Vallée, responsable design chez OSEO.
Et si certains ne voient, dans ce concept, qu’une dimension purement esthétique, d’autres font valoir que dessein et dessin ne sauraient être dissociés. Un débat toujours vivant et sans doute loin d’être tranché.
« Le design est à la croisée des deux déclinaisons du « disegno italien » préfère noter Isabelle Vallée. C’est aussi la définition qu’ont préféré en retenir les principales institutions françaises dédiées au design.
L’Agence nationale pour la promotion de la création industrielle (APCI) est-elle porteuse de cette diversité d’approche ? Lors de sa création au début des années 80, la terminologie a fait l'objet de discussions qui ont abouti à l'emploi de "création industrielle" plutôt que de "design". Ce choix a au moins eu l’avantage de fixer les choses.
Anne-Marie Boutin, la présidente de l’APCI, avoue volontiers « promouvoir une certaine idée du design. Le design n’est pas une approche cosmétique qui arrive en fin de parcours dans la création d’un produit, poursuit-elle. Nous ne formons pas des designers à Bac+5 pour en faire simplement des dessinateurs et des créateurs. »
Pour elle, le design est « une démarche qui part du terrain, de l’individu et de l’observation de ses comportements, usages, modes de vie et d’utilisation des objectifs. Le rôle du designer étant ensuite d’en faire une synthèse, de la concrétiser pour en donner des modes de représentation qui ne soient pas uniquement des représentations d’objets, mais aussi des représentations des modes d’utilisation. » C’est aussi l’approche retenue par OSEO qui voit, dans une telle approche, un facteur évident d’innovation dans la conception de produits et de services.