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Accueil > A la une > Dossiers > Spécial Rhône-Alpes > Sommaire > EM Lyon : entretien avec Michel Coster

Spécial Rhône-Alpes
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Mardi 08 juillet 2008

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La business-school lyonnaise EM Lyon vient de lancer un incubateur de seconde génération qui après le premier créé en 1984 propose un accompagnement sur trois ans et des heures de coaching pour les porteurs de projet dans les domaines de la haute technologie, de l’économie sociale et solidaire et des services innovants. Entretien avec Michel Coster, le directeur de l’incubateur.

EM Lyon a inauguré récemment un incubateur dit « de seconde génération ». Qu’est-ce que cela signifie ?

C’est l’évolution de notre précédent incubateur, le centre des entrepreneurs. Depuis 1984 ce dernier accompagnait des créateurs et des repreneurs d’entreprise à travers deux programmes dédiés à la création d’entreprise innovante et à la reprise d’entreprise. Les projets étaient suivis six mois, avec un accent mis sur la formation plutôt que l’accompagnement. Près de 600 entreprises ont été lancées, dont une dizaine sont aujourd’hui cotées. Nous avons décidé de densifier notre dispositif d’accompagnement en mettant en place cet incubateur de seconde génération. Nous avons particulièrement travaillé la durée de l’accompagnement, de 6 mois à 3 ans, développé une offre de coaching, conseil de plus de 100 heures par an, et une plate-forme Internet pour structurer et professionnaliser la mise en relation.

EM Lyon est d’abord une business-school. Quel lien entre l’école et son incubateur ?

Nous sommes effectivement une business-school positionnée sur l’entrepreneuriat et nous nous devons de répondre à la demande de nos étudiants souhaitant créer, reprendre des entreprises de croissance. Nous avons ainsi placé l’incubateur au centre des programmes, avec par exemple, à la prochaine rentrée la possibilité pour les étudiants du MSc (cycle ESC) de suivre un parcours start-up leur octroyant 30 crédits ECTS. Nous espérons toucher beaucoup plus d’étudiants et de jeunes diplômés. Les professeurs sont aussi les coachs et conseils des entreprises de l’incubateur, l’école met à la disposition de ses entrepreneurs un bâtiment de 1200 m2 et près de 25 professeurs sont fortement engagés dans les actions de l’incubateur.

Quel public et domaine d’activité sont visés ?

Pour entrer dans l’incubateur il faut être diplômé d’un programme EM Lyon, un comité de sélection veille à l’application de 3 séries de critères, les projets doivent être innovants, démontrer un réel potentiel de croissance et être portés par des entrepreneurs concernés par la responsabilité sociale de l’entreprise. Nous voulons accompagner des projets de création, dans les domaines de la haute technologie, de l’économie sociale et solidaire et des services innovants. Quand il s’agit d’accompagner des projets de haute technologie, on le fait avec d’autres : Créalys ou Grain, les incubateurs publics de Lyon et Grenoble, le CEA, l’INRIA. Par exemple, nous incubons le projet Fluoptics, un nouveau système d’imagerie médicale développé dans un laboratoire du CEA à Grenoble. Il est incubé chez Grain et sa responsable a aussi un bureau dans l’Incubateur quand elle a besoin d’interférer avec des professeurs, des coachs, des experts du monde des affaires.

Nous accompagnons aussi les projets de reprise et de transmission familiale. Le repreneur ou le successeur bénéficient d’un accompagnement sur la gestion de la transition, et sur la redynamisation de l’entreprise. Nous avons un troisième secteur d’intervention, le spin-in, qui consiste à sortir un projet innovant d’une PME pour le mettre dans l’incubateur, quand l’entreprise ne parvient pas en interne à mettre en place de structure organisationnelle adaptée. Il s’agit d’accueillir le salarié ou la personne capable de porter et développer le projet, de lui apporter une formation et un accompagnement. Le salarié revient ensuite dans son entreprise.

Un projet, surtout innovant, ne se lance pas sans financements. Comment l’incubateur peut-il aider les porteurs de projet ?

Un des facteurs du succès de l’incubateur est son ancrage fort dans sa communauté d’affaires. Nous avons près de 25 partenaires venant du monde de la finance ou du conseil, de grandes entreprises, etc. Ils sont membres d’un comité de soutien et apportent leurs compétences. Parmi eux nous comptons une dizaine d’organismes et d’institutions financières : des banques, des sociétés de capital-risque, des business angels. OSEO est un de nos partenaires historiques. De plus, nous organisons tous les trois mois, un elevator pitch au cours duquel les porteurs présentent leur projet devant des financiers en explicitant leur demande de financement.

Quels sont vos objectifs ?

Nous débutons l’accompagnement un an avant la création et le poursuivons ensuite pendant deux à trois ans. En rythme de croisière nous accompagnerons 70 à 80 entrepreneurs, ce qui représente 15 à 20 nouveaux projets entrant chaque année. Notre objectif est d’avoir tous les ans une entreprise emblématique qui devienne une gazelle. La volonté d’EM Lyon est de devenir l’incubateur de référence dans les business-schools européennes. Enfin, l’incubateur s’inscrit en complémentarité des autres dispositifs locaux d’accompagnement et fait partie de Lyon Ville de l’entrepreneuriat.

Propos recueillis par Pierre Magnetto (innovationlejournal.com).

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