Nos constats majeurs

De nombreux départs à la retraite.

6 cessions sur 10 sont dues à un départ en retraite, départs de plus en plus rarement suivis d'une transmission familiale, moins de 1 sur 10 dans les secteurs de l'industrie, des transports, du commerce de gros, du BTP et des services aux entreprises et moins de 1 sur 20 dans le commerce.

Des repreneurs plus jeunes et très professionnels. Les repreneurs ont en moyenne 41 ans dans les secteurs de l'industrie, des transports, du commerce de gros, du BTP et des services aux entreprises et 37 ans dans les commerces de détail. On constate, par rapport aux précédentes études, un rajeunissement des repreneurs qui s'accompagne d'une baisse globale de la part des apports personnels dans les montages financiers.Les repreneurs sont expérimentés et possèdent un niveau élevé de formation. Une faible part des entreprises sont reprises par des personnes n'ayant pas d'expérience du secteur. Et lorsque c'est le cas, cette méconnaissance est le plus souvent compensée par une expérience antérieure du management.

La reprise comme moyen de développement. Les entreprises du secteur de l'hôtellerie restauration font plus fréquemment que les autres l'objet de cession. En effet, dans un secteur où les possibilités de croissance sont par nature limitées, céder son entreprise pour en acheter une autre de taille plus importante est souvent pour un chef d'entreprise le seul moyen de se développer.

De plus en plus de micro-groupes de PME. Si les rachats d'entreprises sont le plus souvent le fait de personnes physiques, la part de cessions d'entreprises à des personnes morales représente 25% des opérations, ce qui conforte le phénomène de création de micro-groupes de PME. Par rapport à la dernière étude, les transmissions par croissance externe concernent des unités de plus en plus petites du côté de l'entreprise cible comme de l'entreprise acheteuse.

Des montages financiers tendus. L'endettement qui pèse sur les opérations de reprise est en augmentation et ce pour plusieurs raisons : l'évolution du profil des repreneurs (baisse de l'âge moyen, recul des transmissions familiales) et hausse des valorisations dues notamment à la hausse des prix de l'immobilier dans le secteur du tourisme.Il en résulte des montages financiers plus tendus qui peuvent peser sur le développement et la survie de l'entreprise.

Un niveau de risque élevé. La transmission est une phase très risquée de la vie des entreprises, plus d'une transmission sur cinq échouant avant 6 ans. Les 20 années d'expérience d'OSEO bdpme font apparaître, qu'au-delà de variations liées aux conditions conjoncturelles, le risque intrinsèque à la transmission reste élevé, car l'entreprise est fragilisée par le remboursement de la dette liée au financement de la reprise. Les entreprises restent fragiles tant que la dette « stérile » liée au financement de la reprise n'est pas remboursée. En moyenne, le taux de défaillance (ou pourcentage d'échec) des opérations de transmission s'établit à :• 5 %, deux ans après l'opération• 13,5 %, quatre ans après l'opération• 21%, six ans après l'opération.

Ce risque spécifique est en outre aggravé par la conjoncture économique. Les dernières données disponibles semblent montrer, en outre, que le risque est reparti dans une phase de hausse.

Des facteurs non financiers jouant un rôle important dans la réussite ou l'échec. Si les facteurs financiers restent déterminants dans l'analyse du risque, les circonstances qui entourent l'opération de transmission le sont tout autant. Les situations de rupture sont très risquées, le départ imprévu du dirigeant (décès, maladie), accroît d'un quart les risques dans les secteurs de l'industrie, des transports, du négoce, du BTP et des services aux entreprises, de 50 % dans le tourisme et les doublent dans le commerce.

En revanche, la connaissance de l'entreprise par le repreneur est un facteur incontestable de succès : le niveau de risque est quasi nul pour les transmissions familiales, et un ancien salarié de l'entreprise a deux fois plus de chances de réussite qu'un repreneur extérieur.

La continuité doit être favorisée. La présence du cédant est également une façon d'éviter les situations de rupture. Un commerce dans lequel le cédant accompagne le repreneur présente deux fois moins de risque d'échec (un tiers de moins dans le secteur du tourisme).

L'expérience du secteur doit être recherchée. L'expérience passée du repreneur joue un rôle essentiel. Un repreneur qui ne connaît pas le secteur a une fois et demi plus de risque d'échec dans les secteurs de l'industrie, des transports, du commerce de gros, du BTP et des services aux entreprises. Dans le secteur du tourisme, le nombre de repreneurs sans expérience de l'hôtellerie restauration est seulement de 12%.C'est la connaissance du secteur qui prévaut sur le management, un ancien dirigeant du même secteur ayant ainsi deux fois plus de chances de succès qu'un dirigeant ou un cadre de direction venant d'un autre secteur.

Des repreneurs plutôt satisfaits et optimistes. S'installant par volonté d'indépendance (40 % d'entre eux), les repreneurs ont concrétisé leur projet en s'appuyant majoritairement sur leurs relations personnelles (un tiers des cas) et sur leurs relations professionnelles antérieures (30 % des cas). Même si près de 40 % de ceux qui ont réussi considèrent que la dette liée à la reprise a généré des charges financières élevées ou très élevées, ils sont, quelques années après, globalement satisfaits et optimistes sur l'avenir de leur entreprise.



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